Le stress financier ne reste malheureusement pas à la maison; il nous suit au travail et affecte notre concentration, notre performance et notre santé mentale. En effet, un employé à temps plein sur trois signale que ses inquiétudes financières nuisent à sa capacité de s’acquitter de ses tâches professionnelles. En ce Mois de la littératie financière, c’est le moment idéal pour parler des conséquences du stress financier sur notre vie personnelle, ainsi que sur notre énergie au travail.
Shannon Lee Simmons, planificatrice financière certifiée et experte de LifeSpeak, explique la façon dont le stress financier nuit à la confiance en soi et à la planification de l’avenir, en plus d’alimenter l’anxiété au quotidien. Plus important encore, elle propose des conseils pratiques à mettre en œuvre dès maintenant pour reprendre le contrôle et bâtir une relation plus saine avec l’argent.
Les prix ne cessent d’augmenter, et le stress financier se ressent de plus en plus. Dans le cadre de mon travail, je parle de planification financière chaque jour avec des personnes qui ne connaissent que trop bien ce phénomène. Je constate donc l’anxiété financière palpable et ses conséquences sur les gens.
Il n’est pas étonnant que les gens soient si stressés! Le coût de la vie est devenu exorbitant, l’intelligence artificielle (IA) semble menacer certains emplois, et le marché boursier, les taux d’intérêt et l’inflation sont tout sauf stables. En fait, les dernières années ont été plutôt rocambolesques.
La réalité, c’est que le stress au sujet de l’argent touche tous les aspects de la vie. À noter que je ne suis pas une professionnelle de la santé mentale, alors je ne fais que décrire ce que je remarque en travaillant avec des clients tous les jours.
Le stress financier présente trois grandes conséquences négatives. Il réduit la confiance en soi, anéantit l’espoir et provoque de l’anxiété quotidienne pour le moindre achat.
Explorons ces conséquences de plus près.
L’argent finance nos espoirs et nos rêves. Si l’on veut partir en voyage, il faut épargner pour pouvoir se le permettre. Pour acheter une maison, il faut gagner suffisamment d’argent pour une mise de fonds, puis pour rembourser un prêt hypothécaire. Tout ce que nous voulons nous coûte de l’argent. Alors, si nous avons constamment l’impression de manquer d’argent en raison du stress financier, ou si nous ne parvenons pas à gagner suffisamment d’argent, nous pouvons commencer à nous dire que nous sommes incapables de bien gérer notre argent. C’est un peu comme si nous nous disions « je suis incapable d’atteindre mes espoirs et mes rêves ».
Le stress financier entraîne un dialogue intérieur négatif, ce qui finit par miner notre confiance à gagner assez d’argent pour atteindre nos objectifs, pour ensuite alimenter davantage le stress financier.
C’est un cercle vicieux.
La meilleure façon d’y remédier est d’élaborer un plan financier à court terme. On ignore peut-être ce qui se produira dans 10 ans, ou même dans 10 mois, mais les 10 prochaines semaines sont peut-être plus faciles à prédire. Ou les 10 prochains jours. Les plans sont souvent axés sur un grand portrait ou un but très lointain, en omettant les étapes à entreprendre à court terme.
Grâce à un plan financier à court terme, vous pourrez mieux voir les étapes plus immédiates pour atteindre vos objectifs ou vous en rapprocher, pour le mieux ou pour le pire.
Une autre répercussion du stress financier que je constate chez mes clients est la perte d’espoir. J’observe souvent une attitude « À quoi bon essayer? ». Prenons par exemple une personne ayant un solde de 4 000 $ sur sa carte de crédit qu’elle ne parvient pas à rembourser. Quand on a déjà 4 000 $ de dette, 400 $ de plus ne changent pas grand-chose, n’est-ce pas? Et hop, la carte est dans le lecteur!
Il nous arrive tous de nous gâter un peu de temps à autre, mais ce n’est pas ce dont je parle. Je parle d’abandonner tout effort de remboursement en raison d’un manque d’espoir ou de la croyance qu’il ne vaut pas le coup d’essayer.
Lorsque nous perdons espoir, nous avons tendance à cesser nos efforts, et nos craintes deviennent réalité en raison de l’effet Pygmalion.
La clé de la réussite est d’épargner, peu importe le montant. De petites épargnes suffisent pour avoir de grandes incidences. L’important en cette période économique difficile est de garder l’habitude d’épargner, ne serait-ce que 10 $. En fait, épargner, c’est le contraire de baisser les bras. Cela nous insuffle un peu d’espoir chaque mois.
L’autre tendance majeure que je remarque est l’anxiété quotidienne qui accompagne tous les achats. Par exemple, si vous commandez une pizza, ce n’est probablement pas ce qui vous empêchera de profiter d’une bonne retraite. Or, nombreux sont ceux qui ressentent de la culpabilité, de la honte et de l’angoisse après toute dépense.
Il s’agit du résultat direct d’une mentalité de pénurie constante. Le coût de la vie augmente et les budgets sont serrés; c’est pourquoi réduire les dépenses lorsque possible pourrait vous aider. Cependant, certaines dépenses mensuelles sont inévitables. Nous devons manger. Nous devons nous vêtir. Une portion de votre salaire doit donc être affectée aux dépenses mensuelles essentielles.
La clé est de faire un budget chaque mois qui illustre la somme réservée aux dépenses essentielles et les fonds supplémentaires. C’est ce que j’appelle les limites fixes. Il s’agit de ce qui divise ce que l’on peut dépenser, et ce que l’on ne peut pas dépenser.
Par exemple, si vous gagnez 2 000 $ par paye et que vous êtes payé deux fois par mois, vous gagnez 4 000 $.
Salaire mensuel | 4 000 $ |
Loyer | 1 700 $ |
Téléphone | 100 $ |
Abonnements | 50 $ |
Internet | 50 $ |
Assurances | 100 $ |
Total | 2 000 $ |
Objectifs d’épargne | |
Épargne pour voyage | 300 $ |
Épargne à long terme | 300 $ |
Total qu’il reste | 4 000 $ |
– 2 000 $ | |
– 300 $ | |
– 300 $ | |
= 1 400 $ |
Ainsi, un total de 1 400 $ par mois ira aux dépenses suivantes :
Si vous êtes payé deux fois par mois, c’est 700 $ par paye (1 400 $/2).
Et voilà! Il vous reste 700 $ par paye à dépenser. Faites-en ce que vous voulez! Si vous puisez dans ce 700 $ pour vous acheter une pizza, il n’y a rien de mal à cela! Vous savez qu’il s’agit de fonds destinés aux dépenses supplémentaires, alors servez-vous-en! Si vos factures sont payées et si vous avez épargné le nécessaire, le reste de votre paye peut être dépensé sans répercussion sur vos factures ou votre avenir.
Il est prouvé que le stress financier peut nous empêcher de dormir. Ce n’est pas agréable. Je ne prétends pas qu’il est possible d’éliminer le stress financier pour de bon. Or, avec un plan, de bonnes habitudes d’épargnes et un budget pour déterminer ce que nous pouvons dépenser ou non, nous pouvons être proactifs et tenter de réduire le stress financier afin de laisser place au secret de la planification financière : l’espoir.
Les préoccupations financières n’affectent pas seulement les finances personnelles, elles affectent aussi la concentration, la productivité et le rendement général au travail. Vous voulez aider vos employés à gérer leur stress financier? Les solutions de mieux-être de LifeSpeak s’ajoutent parfaitement à vos avantages! Elles propose des conseils d’experts, des outils à la demande et des stratégies pratiques pour aider les employés à renforcer leur confiance, à réduire leur anxiété financière et à prendre le volant de leur avenir financier. Vous voulez en savoir plus? Demandez une démonstration dès aujourd’hui.
À propos de l’auteure : Shannon Lee Simmons, planificatrice financière certifiée, gestionnaire d’investissements agréée, experte financière
Shannon Lee Simmons est planificatrice financière certifiée et primée, conférencière, gestionnaire de placement agrégée, auteure et fondatrice de la New School of Finance. Elle a écrit deux best-sellers, soit Worry-Free Money et Living Debt-Free. Elle est rédactrice en finances personnelles pour le Globe and Mail, chroniqueuse financière de Metro Morning à la radio CBC et experte financière au Marilyn Denis Show.