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Comment renoncer au contrôle en période d’incertitude

Par Jenny Tryansky, Coach En Développement Personnel

Les gens gèrent l’incertitude de différentes façons. Certaines personnes sont capables de l’accepter très rapidement et de trouver les occasions et les avantages qui transforment l’inconfort de l’incertitude en une expérience plus positive. D’autres tombent directement dans le catastrophisme et ont le sentiment de perdre le contrôle, ce qui les incite ensuite à chercher tout semblant de contrôle à leur portée.

En tant que formatrice en développement personnel, j’ai à cœur d’afficher une mentalité de croissance, pourtant j’appartiens au deuxième camp. C’est comme cela que je fonctionne.

Mais grâce à des outils solides que j’ai découverts et que tout le monde peut utiliser, je suis maintenant capable de reconnaître ce « fonctionnement » – et la panique initiale qu’il perpétue face à l’incertitude – et de créer une relation plus ouverte et positive à l’égard de l’incertitude.

Pour y parvenir, il peut suffire de changer de vocabulaire et de point de vue. Lorsque nous renonçons à notre besoin de contrôler et que nous nous concentrons plutôt sur ce que nous pouvons maîtriser, nous ouvrons la porte à la possibilité de surmonter l’incertitude plus paisiblement.

L’incertitude pendant la pandémie de la COVID-19

L’ampleur à laquelle cette pandémie mondiale a menacé notre sentiment collectif de contrôle semble nous écraser. Les structures et les systèmes ont été gravement modifiés. Les éléments sur lesquels nous nous appuyons pour assurer la cohérence ont changé. En l’absence d’un échéancier clair sur le moment où les choses peuvent retourner à la normale, l’incertitude règne.

Dans le meilleur des cas, nous avons tendance à chercher à prendre le contrôle afin de nous sentir en sécurité. Le contrôle est en fin de compte la capacité d’exercer une influence sur un résultat souhaité, ou la certitude.

Et la vérité, c’est que nous avons très peu de contrôle sur quoi que ce soit.

Pensez-y. Êtes-vous vraiment capable d’amener la plupart des situations vers une certitude totale et un résultat souhaité? Trop de facteurs externes entrent en ligne de compte pour nous donner le contrôle total de la plupart des circonstances. Même lorsque nous avons des intentions et des plans très précis en place, nous ne pouvons pas contrôler tous les facteurs qui influent sur le déroulement de la situation.

Pourtant, nous voulons obtenir le contrôle. Nous nous disons que si nous pouvions avoir davantage de contrôle, sur la sécurité d’emploi ou sur notre propre santé par exemple, nous nous sentirions plus en sécurité et rassurés. Nous pourrions nous détendre davantage en sachant que les choses se dérouleront comme nous le voulons.

L’idée que le contrôle est à notre portée crée un faux sentiment de sécurité. À l’heure actuelle où nous traversons l’une des périodes les plus imprévisibles et les plus incertaines de notre histoire, ceux d’entre nous qui s’efforcent normalement de développer ce (faux) sentiment de sécurité se sentent souvent impuissants et peut-être même désespérés.

Il y a plusieurs mois, une de mes amies a été licenciée en raison de compressions liées à la pandémie. C’est une réalité avec laquelle de nombreux employeurs sont aux prises en ce moment, ce qui menace le sentiment de sécurité et le besoin de certitude de nombreux employés.

Quand mon amie m’a appris la nouvelle, j’ai tout naturellement sombré dans le catastrophisme et je lui ai offert du réconfort pour la soulager de la détresse dans laquelle je supposais qu’elle se trouvait. Sa réaction m’a vraiment frappée. Elle a admis qu’elle avait pleuré et qu’elle s’était laissé une courte période pour gérer ses émotions suite à la nouvelle. Mais elle a expliqué qu’elle était capable de passer à l’acceptation et de saisir les nouvelles occasions assez rapidement. Elle profitait déjà de l’occasion de pouvoir passer plus de temps avec sa famille et de se concentrer sur les choses pour lesquelles elle disait ne jamais avoir le temps lorsqu’elle travaillait.

Elle m’a dit qu’elle avait toujours été douée pour reconnaître le bon côté des choses; mais c’était plus que ça. Elle a su renoncer à ce qu’elle savait ne pas pouvoir contrôler : l’état de l’économie, la capacité de son employeur de continuer à fonctionner au maximum de sa capacité, les événements à venir selon un échéancier qu’elle ne pouvait pas prévoir. En renonçant au contrôle, elle a su embrasser ce qui était à sa portée, à savoir son attitude à l’égard de sa situation, ses intentions quant à la façon dont elle allait consacrer son temps et sa capacité de créer un plan réaliste pour subvenir à ses besoins financiers à court terme sans avancer d’hypothèses audacieuses et fondées sur la peur au sujet de ce que l’avenir réserve.

De mon point de vue, elle était en charge de son univers et de sa vie, même si elle n’avait aucun contrôle sur les facteurs externes et les circonstances plus générales.

Maîtrise c. contrôle

La quête de contrôle est un sujet qui revient souvent au cours des séances d’accompagnement privées avec les clients. Beaucoup disent qu’ils ont le sentiment de perdre le contrôle et qu’ils veulent exercer un plus grand contrôle sur une situation, une relation, leurs propres pensées ou sentiments. Ou, ils craignent d’être contrôlés par une autre personne ou des circonstances.

Quand on mentionne le mot contrôle, une sorte d’énergie intense se dégage habituellement, une oppression, un sentiment d’effort qui semble contraignant. J’invite mes clients à voir ce qui se passe lorsqu’ils abandonnent complètement la notion de contrôle et à examiner ce qu’ils peuvent maîtriser à la place.

Souvent, ce sentiment d’oppression s’atténue presque immédiatement. Mes clients trouvent une consolation dans ce changement de vocabulaire lorsqu’ils se rendent compte que, bien qu’ils n’aient aucun contrôle, ils peuvent maîtriser leurs réactions, leurs actions, leur attitude, leurs émotions, leurs pensées et leurs intentions. Ils voient comment et où ils ont le choix et l’autorité, malgré la situation.

Lorsque vous cherchez à prendre le contrôle, vous vous concentrez sur les résultats souhaités. Lorsque vous passez à la maîtrise d’une situation, l’accent est mis sur vous et sur vos intentions plutôt que sur l’image précise du résultat. Vous êtes en mesure de renoncer à la certitude et de vous concentrer intérieurement sur la façon dont vous voulez vous y prendre pour surmonter la situation.

Lorsque vous savez que vous étiez maîtres de vous-même dans une situation et que vous vous êtes présentés comme vous l’aviez prévu, vous êtes moins susceptibles de percevoir le résultat comme un échec ou une catastrophe, même s’il semble différent de ce que vous aviez envisagé. Vous pouvez être fiers de savoir comment vous vous y êtes pris.

La maîtrise d’un lanceur

Cela peut sembler un exercice de sémantique. Dans une certaine mesure, c’est le cas; le fait de maîtriser sous-entend un certain contrôle. Mais il s’agit d’une approche axée sur soi qui n’est pas aussi exigeante que de s’efforcer de contrôler la situation dans son ensemble ainsi que les facteurs qui échappent à votre contrôle. Vous éprouvez plus un sentiment d’immensité, d’ancrage et d’habilitation.

Je ne suis pas la plus grande amatrice de baseball, mais quand j’ai découvert que les termes maîtrise et contrôle décrivaient deux habiletés différentes en matière de lancer de balles, j’ai eu l’impression de réaliser un coup de circuit. J’adore cette explication qu’a donnée l’analyste de baseball, C. Sven Jenkins. Il décrit le contrôle comme la capacité du lanceur à placer ses lancers et à faire aboutir la balle exactement là où il a l’intention de l’emmener, dans le gant du receveur. Par contre, la maîtrise est la capacité du lanceur à faire bouger la balle comme il le souhaite. Une balle courbe courbera toujours s’il y a une bonne maîtrise. Le lanceur maîtrise son bras et sa main de façon à lancer une balle courbe et tente d’en contrôler la destination finale.

S’inspirer de cette analogie dans la vie quotidienne signifie comprendre que nous ne pouvons peut-être pas contrôler la direction des événements, comment ils se dérouleront ou où se trouve la destination finale. Mais nous pouvons maîtriser nos intentions et la façon dont nous évoluons dans nos vies et dans diverses situations.

Lorsque nous choisissons la maîtrise, nous nous permettons de renoncer aux variables extérieures qui pourraient se produire. Nous pouvons toujours espérer le résultat souhaité. Mais nous le faisons en sachant que nous ne pouvons maîtriser que notre propre comportement. On a confiance en ce sens de maîtrise.

En ces temps difficiles et incertains, vous pouvez maîtriser ce que vous permettez dans votre vie et ce que vous gardez à une distance sécuritaire. Félicitez-vous-en. Maîtrisez les choses que vous pouvez influencer et renoncez à celles que vous ne pouvez pas contrôler. Cela change la donne.

Jenny Tryansky est une coach professionnelle certifiée en co-activité établie à Toronto, au Canada. Elle travaille virtuellement avec des clients dans toute l’Amérique du Nord en adoptant une approche globale de la vie et de la personne. Jenny est spécialisée dans le travail avec des personnes très performantes qui se critiquent elles-mêmes sans merci. Elle utilise la pratique de l’autocompassion dans son travail de coaching, aidant les gens à retrouver la confiance, la clarté et l’acceptation de soi nécessaires pour atteindre leurs objectifs et concrétiser leurs aspirations. Son atelier « Working With Your Inner Critic to Live, Work and Lead with Confidence », qui a fait ses preuves, offre un soutien aux employés et aux personnes aux prises avec le syndrome de l’imposteur et le sentiment d’être un moins que rien. Cet atelier a été bien accueilli dans des environnements influents comme Google Canada. Pour obtenir plus de renseignements visitez les pages suivantes Facebook pageLinkedIn profile or jennytryansky.com.