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Votre bien-aimé a perdu son emploi. Que faire maintenant ?

Questions et réponses en compagnie d’Alan Kearns, fondateur et coach en chef de CareerJoy.com

Nous sommes en pleine pandémie et de nombreuses personnes ont perdu leur emploi. Si un être cher a perdu son emploi, voici quelques conseils pour l’aider à traverser cette période difficile :

Reconnaitre la perte d’emploi

Ces personnes n’ont pas seulement perdu un emploi, mais aussi leurs communautés, leurs revenus et leurs contributions. Il faut passer par un processus de deuil. Le simple fait de regarder une vidéo amusante ne fera pas disparaître leur colère. Le travail est une chose très importante. En général, ce n’est pas seulement un chèque de paie. La plupart des gens veulent travailler et avoir du plaisir avec les collègues de travail. Ils ont été sollicités tout au long de leur carrière et n’ont jamais eu à faire face à une perte d’emploi. Ce n’est rien de personnel, mais cette situation a des répercussions personnelles profondes. Le fait de reconnaitre cette complexité peut faciliter l’acceptation de cette situation, et ce, même si elle n’est pas souhaitée ou aimée.

Comprendre les besoins actuels

De la nourriture, un abri et des vêtements. Ces personnes peuvent évaluer chacune de ces catégories, déterminer les ressources dont elles disposent et le soutien dont elles auront besoin. Existe-t-il un soutien gouvernemental ? Ces personnes ont-elles reçu une trousse de transition qui comprend une aide à la recherche d’emploi ? Beaucoup de nos clients se font proposer une aide à la recherche d’emploi, mais ils ne l’utilisent pas. C’est le moment de profiter de tout soutien offert.

Demander de l’aide

Elles doivent chercher dans leur réseau, une personne qui peut les aider sur les plans de la santé mentale, de la santé financière et de la recherche d’emploi. Il faut qu’elles assignent et nomment ces personnes, puis qu’elles communiquent avec elles. Elles ne sont probablement qu’à deux appels téléphoniques de trouver quelqu’un pour les aider à résoudre un problème. J’ai constaté qu’en période de transition, les gens s’énervent pour les choses sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle, mais ils ne recevront pas de soutien pour les choses qu’ils PEUVENT contrôler. Tout ne changera pas immédiatement, le marché est instable, mais il y a encore bien des choses que les personnes peuvent faire, et plus vite elles pourront tracer leur voie et prendre le contrôle, mieux ce sera.

Mettre en place une nouvelle routine

Ces personnes doivent établir une nouvelle routine quotidienne. À quoi ressembleront leurs matins? La recherche d’emploi n’occupera qu’une partie de la nouvelle routine, c’est-à-dire une durée précise de la journée et non toute la journée, sinon cela pourrait susciter de la frustration et de l’épuisement. Il faut réserver du temps pour la recherche d’emploi, la communauté et la famille. La journée sera plus structurée et cela favorisera un état d’esprit positif.

Que conseillez-vous aux personnes qui sont à la recherche d’un emploi en ce moment ?

Tous les secteurs sont perturbés et cela se poursuivra au-delà de la pandémie. Les besoins des entreprises seront très particuliers et très compétitifs. Il s’agit du moment idéal pour faire preuve de courage et de se distinguer des autres. Il faut percevoir la recherche d’emploi comme une campagne, et non comme une simple mise à jour d’un CV. Le moment est venu de travailler sur la marque personnelle, le CV, l’argumentaire et le réseau. Ces personnes doivent évaluer ce qu’elles peuvent offrir au marché maintenant, oublier le passé et se concentrer sur le moment présent.

Une campagne comporte de multiples éléments, notamment une auto-analyse et une évaluation des talents, des compétences, des valeurs et des passions d’une personne. Que peut apporter un demandeur d’emploi au marché qui le rend unique ? La personne doit se considérer comme une marque, et non seulement comme une personne faisant partie d’une catégorie comme celle d’un directeur financier ou d’un analyste commercial. Les gens n’embauchent pas des catégories, mais des gens. Un jour, j’ai rencontré une personne qui se qualifiait de « collecteur de fonds appelé un geek des données ». Cette personne connaissait sa marque et s’est distinguée. J’aime le principe proposé par Justin Trudeau comme exemple. Il a une marque très distinctive, à prendre ou à laisser, et c’est ainsi qu’il a remporté l’élection. Il n’est pas seulement un politicien, il est « Justin Trudeau. »

Le demandeur d’emploi doit réfléchir sur l’individu qu’il est et les qualités qui le rendent convaincant. En effet, il n’a pas besoin de tous les votes, juste le nombre suffisant de personnes dans le marché qui pourrait l’embaucher.

Comment établir un réseau durant une pandémie ?

Je dirais qu’il n’a jamais été aussi facile de créer un réseau. Il y a plus de gens libres et moins distraits. Il est plus facile de joindre les gens. Il faut se rappeler que les réseaux se construisent à long terme. Une personne à la recherche d’emploi doit considérer son réseau comme multidimensionnel et non unidimensionnel. Il comprend notamment sa communauté religieuse, ses amis et sa communauté professionnelle. Ensuite, cette personne devrait aller de l’avant en tendant la main. Son attitude doit porter sur ce qu’elle peut faire pour son réseau, et non sur ce que ce dernier peut faire pour elle. Elle doit aller vers les gens pour découvrir la façon dont ils gèrent les choses. Cette démarche doit se faire d’une manière sincère et authentique.

Les gens me disent souvent : « je ne suis pas doué pour me vendre ». Vous ne devez jamais être bon pour vous vendre, vous devez être doué pour vous commercialiser. Au lieu de vous vendre, découvrez les besoins de l’autre personne et la façon dont vous pouvez l’aider. Le réseautage consiste à être soi-même et à trouver des moyens d’apporter une valeur ajoutée. Il s’agit d’une recherche d’emploi efficace.

Est-ce qu’une personne qui se retrouve au chômage doit s’adresser aux recruteurs ?

Je pense que cela peut s’avérer utile. Il y a des offres d’emplois et les recruteurs peuvent aider sur le plan de l’orientation. Il est important de se rappeler que les recruteurs travaillent pour les personnes qui les paient et non pour le demandeur d’emploi. À l’heure actuelle, il y a plus de personnes et d’entreprises sur le marché qui vont directement embaucher par l’entremise de LinkedIn afin d’éviter de payer des recruteurs. Le demandeur d’emploi doit connaitre les outils existants et comprendre en quoi ils peuvent l’aider.

Il faut se rappeler aussi que de nombreuses entreprises ne proposent pas d’occasions d’emplois en ce moment, mais le marché de l’emploi caché sera très fort et les embauches se feront discrètement. Pour être à l’affût de ces possibilités d’emplois, le demandeur d’emploi doit aller dans son réseau.

Quels sont les avantages à collaborer avec un coach en matière de carrières ?

Nous passons en mode très concurrentiel et il ne s’agit pas d’un marché pour bricoler une recherche d’emploi. Les marges d’erreur seront très minces. Une erreur dans un CV, une question hors sujet lors d’un entretien pourraient compromettre l’obtention d’un poste. La recherche d’emploi est comme une campagne électorale: un bon coach est le directeur de campagne. Il pourra orienter honnêtement la personne à la recherche d’emploi tout en la guidant sur ce qui fonctionne ou pas dans sa « campagne ».

Lorsqu’une personne décide de faire appel à un coach, il convient de demander aux membres de son réseau une recommandation et de consulter les évaluations sur Google. Il faut s’assurer que le coach a de l’expérience dans le domaine et qu’il ne s’est pas simplement improvisé coach. Les entreprises professionnelles ont fait leurs preuves auprès des organisations. Les coachs collaborent avec de grandes entreprises et connaissent leurs besoins. Il est utile que le coach comprenne la nature particulière du secteur recherché par le demandeur d’emploi, mais une équipe de coachs qui connait différents secteurs peut relever des compétences correspondantes aux besoins d’autres industries.

Que fait exactement un coach ?

Un bon coach essayera de comprendre la démarche entreprise par le demandeur d’emploi. Il évaluera ses compétences et déterminera ce qui pourrait être transférable. Peut-être certaines compétences sont-elles plus recherchées dans un autre coin du pays ? Il déterminera ce qui rend le demandeur d’emploi unique, puis collaborera avec lui dans l’élaboration de son CV, son profil LinkedIn et la rédaction de ses communications avec les recruteurs et les responsables du recrutement. Selon le secteur recherché du demandeur d’emploi, le coach identifiera les acteurs majeurs dans le domaine et les pratiques exemplaires à adopter. Il aidera dans la préparation de l’entretien d’embauche par une simulation d’entrevue, la lettre de motivation, et donnera des conseils sur les courriels ou appels téléphoniques non sollicités. Un coach peut aider à raviver l’état d’esprit du demandeur d’emploi et à évaluer la raison pour laquelle il manque d’assurance. Il assume sa responsabilité et offre un soutien. Il aidera le demandeur d’emploi à se fixer des objectifs comme de communiquer avec 4 personnes dans une semaine et il fera le suivi du déroulement de cette démarche.

Un coach de recherche d’emploi ou de transition est un conseiller de confiance, pas un ami ou un conjoint, et c’est une bonne chose. Le rôle d’un partenaire est d’offrir un soutien, mais il ne consiste pas à vérifier un CV.

Est-ce le bon moment pour mettre à jour des compétences professionnelles ?

Le fait d’être au chômage est un bon moment pour évoluer. Si une personne ne le fait pas en ce moment, quand le fera-t-elle? Les chômeurs qui ont récemment perdu leur emploi pourraient apprendre une nouvelle base de données, mais ils pourraient aussi apprendre le piano ou une nouvelle langue. L’apprentissage d’une nouvelle compétence et son appréciation ont d’excellents bienfaits sur la concentration, l’état d’esprit, la capacité à résoudre des problèmes et la confiance. Les nouveaux apprentissages peuvent aider dans tous les aspects de la vie. Je ne minimise pas les défis auxquels les gens sont confrontés en ce moment ou leurs sentiments, mais je refuse de croire qu’il s’agit d’une période désagréable. Je suis impressionné de voir à quel point les gens peuvent être résilients et serviables.

Que conseillez-vous aux personnes qui pensent qu’un licenciement est imminent ?

Elles doivent se préparer et mettre de l’ordre dans leurs finances. Si une marge de crédit ou un prêt hypothécaire est nécessaire, il est plus facile de l’obtenir en prenant des mesures pendant qu’elles sont employées. Elles doivent parler discrètement aux gens de leur réseau et adopter l’état d’esprit d’un louveteau. Elles peuvent choisir de se préparer ou d’avoir peur, il n’y a pas d’autres options qui s’offrent à elles en ce moment.

Alan Kearns est un maître à penser sur tout ce qui fonctionne. Auteur et collaborateur de The National, The Globe & Mail, National Post et CBC Radio, il partage les dernières tendances et les changements dans le milieu de travail canadien. Nommé parmi les 40 meilleurs jeunes de moins de 40 ans, il est l’associé directeur et le fondateur de CareerJoy, une entreprise nationale de services de ressources humaines primée, desservant plus de 2 300 organisations canadiennes de premier plan, dont World Vision, Shopify, Centraide, Toyota, CHMC et le gouvernement du Canada.